betavoltaic1D’ici quelques années, les piles bêtavoltaïques seront probablement présentes dans tous les appareils électroniques de basse consommation. En fait, sous ce nom barbare se cachent les piles du futur, qui devraient révolutionner le monde du sans fil.
À ce jour, les batteries les plus performantes peuvent durer jusqu’à 5 heures en utilisation, mais ce n’est rien comparé aux 30 ans d’autonomie qu’apporteront les piles bêtavoltaïques. Et l’on ose espérer avoir des piles à peine plus grosses que celles actuellement en place.

Elles tirent leur énergie des rayonnements Bêta

Leur fonctionnement n’est en fait pas si compliqué et repose sur une énergie issue d’une réaction nucléaire : la radioactivité bêta.

Attention à ne pas confondre atomique et nucléaire !
« Atomique » signifie que la réaction vient des atomes alors que dans le « nucléaire », la réaction provient exclusivement du noyau (protons + neutrons).

En effet, cette pile n’utilise pas de système de fusion ni de fission. C’est en fait du tritium (3H), qui, en se dégradant, émet des électrons qui sont ensuite récupérés par des semi-conducteurs. On obtient ainsi un courant électrique continu. Et tout cela, sans émettre de chaleur. Pour simplifier la chose, une pile bêtavoltaïque fonctionne un peu comme une cellule photovoltaïque, à une différence près, c’est qu’une cellule photovoltaïque utilise la lumière pour déclencher la réaction, d’où le préfixe photo.
Comme cette pile fonctionne avec l’énergie issue d’une réaction nucléaire, elle n’a besoin d’aucune source extérieure pour fonctionner, d’où son nom de « bêtavoltaïque » : « bêta- » car l’énergie provient des rayons bêta, et « -voltaïque » car elle crée de l’électricité.

Très peu de risque pour la santé…

À court terme, ces piles n’auront a priori aucun effet néfaste pour l’Homme, car la réaction se passe dans un lieu hermétique. Comme ces accumulateurs ne chaufferont pas, il n’y a donc aucun risque d’explosion. En revanche, en cas d’une mauvaise utilisation par l’utilisateur, par exemple si l’utilisateur casse la pile, ceci peut provoquer la libération de particules radioactives entrainant ainsi un risque d’irradiation. Ce même type d’incident peut aussi se reproduire dans le cas d’un incendie. Mais, ceci représentant un nombre infime de situations, on peut donc dire que la pile reste relativement correcte au niveau sécurité.
De plus, la désintégration bêta est généralement suivie de l’émission de rayonnements gamma bien plus dangereux et que seul un épais blindage en plomb peut stopper.

… mais à long terme ?

On peut être sûr à 100% de la création de déchets radioactifs qui mettront des dizaines d’années à se dégrader complètement. Une pile complètement utilisée ne contiendra que des atomes inertes (donc sera inoffensive), cependant aujourd’hui aucune pile/batterie au monde ne peut se vanter d’avoir un rendement de 100%. Généralement quand on jette une pile type alcaline à la poubelle, il reste toujours une petite quantité d’énergie à l’intérieur. La production énergétique de la pile suivra une loi exponentielle décroissante (la loi de décroissance radioactive), la pile cessera donc de produire assez d’énergie bien avant que tous les atomes radioactifs soient devenus inertes.

La compatibilité va-t-elle freiner l’essor de cette nouvelle pile ?

En réfléchissant un peu plus, on voit apparaitre un risque majeur pouvant aller jusqu’à compromettre l’évolution de la pile : la compatibilité. Si les constructeurs font, comme à l’heure actuelle, des normes différentes pour chaque marque : on risque de vite se retrouver avec des déchets de piles bêtavoltaïques car un PC portable est loin d’avoir une durée de vie de 30 ans. Concrètement, au bout de 10 ans (en voyant large), les piles se verraient jetées alors qu’elles seraient encore actives… Pour éviter cela, il faudrait instaurer des normes identiques qui permettraient d’utiliser d’anciennes piles sur de nouveaux PC, vendus sans piles pour éviter de se retrouver avec une multitude de piles inusées à ne plus savoir qu’en faire…

Un grand pas en avant pour l’autonomie

La révolution « nomade » déferle depuis maintenant plusieurs années sur le monde de l’électronique et a pris une véritable ampleur. Grâce aux différentes avancées techniques, on peut maintenant connecter son ordinateur ou son téléphone portable à Internet où l’on veut et quand on veut. Mais la dernière grande barrière technique au « total sans fil » venait du côté énergétique.
En effet, impossible de rester éloigné d’une prise trop longtemps de peur d’avoir à subir une extinction impromptue de son ordinateur et de perdre toutes ses données.

Pour le moment la puissance délivrée par les piles bêtavoltaïques est trop faible pour alimenter un ordinateur.

L’ordinateur portable pourrait ainsi devenir complètement indépendant. De plus comme la barrière énergétique aura été franchie, nos ordinateurs pourront être allumés en permanence, où que l’on soit, connectés à Internet et sans limites de temps… Par la suite, le réseau wifi se développera et réussira à couvrir une ville entière comme Paris, nos PC resteront donc connectés en très haut débit, et ce, n’importe où ! Cet accès wifi pourrait se développer comme le bipop à l’époque, un système de téléphonie mobile qui fonctionnait en proximité d’une borne. Pour étendre cette invention à plus grande échelle, on pourrait alimenter les voitures en ville ce qui serait une bonne chose pour l’environnement et pour lutter contre l’utilisation excessive du pétrole… Bref, avec un tel développement, en théorie dans 10 ans, tout fonctionnera sur piles bêtavoltaïques et l’on n’aura plus besoin de prises électriques dans les bâtiments.

Source: siteduzero.com | CC