L’électricité fait (encore) partie des énergies les moins coûteuses, et elle est, de plus, devenue indispensable dans nos sociétés modernes. Certains d’entre nous ont ainsi pu s’en rendre compte durant l’ouragan qui s’est abattu sur la France fin 1999. Une coupure d’électricité, et ce sont souvent, aujourd’hui, le frigidaire, le four, l’eau chaude, le chauffage, le téléphone, Internet, les fax, la télévision, etc. qui sont en carafe ! Pourtant, la production de cette électricité bon marché à un coût dramatique pour notre avenir. Sa production pose d’énormes problèmes, qu’elle soit d’origine nucléaire (gestion des déchets radio actifs, risque d’accidents majeurs, appauvrissement des mines d’uranium, pollution thermique des fleuves…) ou fossile (épuisement des gisements de charbon, pétrole et gaz, pollution par rejets de CO2 (entre autres) participant au réchauffement global de notre planète…) Ces problèmes sont d’autant plus préoccupants que l’électricité n’est pas une énergie stockable à grande échelle, contrairement à d’autres énergies comme le pétrole. La seule solution immédiate pour préserver notre environnement et pour éviter une pénurie éventuelle future, c’est bien évidemment encore d’économiser ! Nous allons donc voir, tout d’abord en énumérant quelques gestes simples pour réaliser des économies immédiates, puis en détaillant quelques solutions encore plus radicales, quels sont les moyens que nous avons, au quotidien, d’alléger notre facture EDF, et surtout de faire un geste contre la pollution atmosphérique et contre l’épuisement des ressources naturelles terrestres.Les gestes simples
Commençons par nous poser quelques questions.

* Saviez-vous qu’un chargeur laissé branché sur le secteur consommera plus que, par exemple, votre téléphone portable lui-même ?

* Saviez-vous qu’il en est de même pour votre magnétoscope ou lecteur de DVD laissé en mode veille, et que la seule solution pour vraiment les éteindre, c’est souvent de les débrancher, car les fabricants n’ont pas installé de mode “Arrêt” sur ces appareils… (un téléviseur dépense 360 Wh/jour[2] en attente, contre la moitié pour un fonctionnement de 3 heures.)

* Saviez-vous, de même, que votre PC ne se portera pas plus mal si vous l’éteignez de temps en temps, entre deux cessions de téléchargements illégaux, et que redémarrer souvent un PC ne pose aujourd’hui plus de problèmes techniques ( même sous Windows… hum ! ).

* Saviez-vous qu’un degré supplémentaire de chauffage, et c’est votre consommation annuelle qui augmente de 7% ?

* Saviez-vous que dégivrer régulièrement votre réfrigérateur ou votre congélateur est économique ? (Trop de givre crée une surconsommation d’électricité).

* Saviez-vous que prendre des douches au lieu de bains permet non seulement des économies d’eau mais aussi d’électricité ! (si vous avez un cumulus électrique, bien sûr !)

* Saviez-vous que remplir complètement vos appareils est économique car les petites lessives et les petites vaisselles consomment autant d’énergie que les grandes. (Mais oui, vous le saviez !)

* Saviez-vous qu’un aquarium est aussi gourmand qu’un sèche-linge ? (avouez que vous ne vous étiez jamais posé la question !)

* Saviez vous qu’éteindre la lumière en sortant d’une pièce peut vous faire économiser jusqu’à 4 € par lampe et par an ?

* Saviez-vous qu’on a découvert que certaines personnes réussissaient à se passer des machines ? Elles emprunteraient l’escalier plutôt que l’ascenseur, laveraient la vaisselle peu sale à la main plutôt qu’avec le lave-vaisselle, laisseraient sécher “naturellement” leur linge au lieu d’utiliser le sèche-linge, sécheraient leurs cheveux avec une serviette plutôt qu’avec le sèche-cheveux, se passeraient de gadgets comme les brosses à dents électriques, presseraient les fruits “à la main” au lieu d’utiliser une centrifugeuses ! Incroyable, non ?

Le chauffage
Le chauffage représente environ 40% de la consommation d’énergie des maisons et des appartements en France. Malheureusement, notre pays ayant historiquement décidé de se lancer dans le “tout nucléaire”, la majorité des appartements français sont équipés de chauffages électriques. Je consacrerais l’article suivant à part entière sur ce sujet, ainsi que sur celui de l’isolation qui joue un rôle déterminant dans les économies énergétiques domestiques.

L’electroménager
Le réfrigérateur
Prenons l’exemple du réfrigérateur. Pourquoi lui ? Parce-que la production de froid ménager est le premier poste de dépenses domestique et représente près du tiers de la consommation, soit environ 1000 kWh par an, ce qui correspond à un coût annuel de 102 euros. Pourtant, en utilisant des équipements électroménagers performants (classe A), on peut réduire sa consommation à moins de 400 kWh par an. Des études récemment menées auprès de particuliers à Montreuil ont montré que plus les appareils électroménagers étaient anciens, plus leur consommation était importante, jusqu’à 5 fois la consommation d’un appareil de classe A. L’utilisation d’appareil performant pouvait alors engendrer une économie financière importante, jusqu’à 120 euros par an.

Les classes d’énergie
Comparons deux réfrigérateurs neufs de classe A et de classe D : il faut relever sur l’étiquette Energie la consommation annuelle en kWh par an de l’appareil, multiplier par 0,11 euros, prix du kWh (source EDF, prix TTC hors abonnement d’un tarif bleu, option base), et multiplier par 10 et vous saurez ce que vous coûtera en électricité votre appareil sur 10 ans. Ainsi, on démontre que l’appareil de classe D coûtera 610 euros sur 10 ans, alors que l’appareil de classe A ne coûtera que 343 euros. Bien que le coût d’un appareil de classe A soit généralement supérieur, on voit bien que l’on s’y retrouve vite !

Conseils d’utilisation
* Evitez de laisser la porte ouverte trop longtemps.

* N’y placez pas d’aliments encore chauds ou tièdes (laissez les d’abord refroidir à la température ambiante).

* Couvrez tous les plats cuisinés afin d’empêcher l’humidité de s’en échapper. Sinon, vos aliments se dessèchent, ce qui entraîne la création d’une couche de givre dans l’appareil.

* Réglez votre thermostat au minimum : 5 à 7°C suffisent pour le réfrigérateur et – 18°C pour votre congélateur.

* N’installez pas vos appareils de froid à côté d’une source de chaleur (radiateur ou cuisinière, …),

* Lors d’absences prolongées de plus de 3 jours, débranchez vos appareils si vous le pouvez.

* Nettoyez régulièrement l’intérieur de vos appareils ainsi que la grille du condensateur située au dos de votre réfrigérateur (2 fois par an)

* Préférez les modèles à dégivrage manuel plutôt qu’à dégivrage automatique, 30% de consommation électrique en moins.

* Dégivrez régulièrement votre réfrigérateur car le givre crée une isolation. Ainsi, 3 cm de givre doublent la consommation de votre réfrigérateur.

Le Lave-vaisselle
L’utilisation d’un lave-vaisselle n’est économique que pour les familles de 5 personnes ou plus, en deçà, il est plus économique de faire sa vaisselle à la main. Voici donc quelques conseils qui vous permettrons de réaliser de substancielles économies d’électricité :

* Faites sécher la vaisselle à l’air libre et évitez d’utiliser la fonction séchage du lave-vaisselle.

* Lors du renouvellement de votre appareil, choisissez votre appareil en fonction de sa consommation électrique et de sa consommation en eau.

* Attendez toujours d’avoir la machine pleine avant de la mettre en marche.

* A moins que la vaisselle ne soit vraiment sale, utilisez plutôt les programmes à basse température.

* Utilisez la touche ECO, elle vous permettra de diminuer de moitié votre consommation d’électricité durant le cycle.

La cuisson
* N’utilisez pas de casseroles plus petites que la plaque de cuisson, vous éviterez les pertes de chaleur.

* Avec des plaques électriques, utilisez des casseroles à fond plat.

* Couvrez les plats pendant les cuissons.

* Pour le four, le préchauffage est superflu sauf pour les préparations boulangères et pâtissières.

* Dans la plupart des cas, vous pouvez éteindre vos plaques électriques ou votre four 10 minutes avant la fin de la cuisson.

* Evitez d’ouvrir la porte du four trop souvent, vous éviterez des pertes de chaleur.

* Maintenez les joints de la porte du four parfaitement propres.

* Préférez les petits appareils électriques à votre four (volume à chauffer moins important).

* Pour décongeler les produits placez-les plutôt dans votre réfrigérateur que dans votre micro-onde, c’est plus long mais plus économique.

Les veilles des appareils Hi-Fi
Un appareil est considéré en veille quand il consomme de l’électricité alors qu’il n’est pas utilisé. C’est le cas par exemple des appareils éteints à l’aide d’une télécommande (comme le téléviseur), des équipements disposant d’une horloge (comme les lecteurs DVD ou les boboxs internet) ou encore des équipements qui ne possèdent pas de bouton ” marche/arrêt “, comme les paraboles. Les veilles sont principalement dues au groupe audiovisuel et peuvent représenter jusqu’à 10% de la consommation annuelle du logement.

* Evitez d’utiliser la veille du téléviseur et du magnétoscope et vous pourrez réduire leur consommation parfois par plus de 2.

* Débrancher toujours vos décodeurs, paraboles et autres après utilisation : leur consommation en veille coûte en moyenne 23 euros par an.

Pour éviter ces consommations, le moyen le plus simple est de débrancher les appareils quand ils ne sont pas utilisés. Vous pouvez aussi installer une multiprise avec un interrupteur, prix moyen d’achat 12 euros ou encore vous procurer une multiprise pouvant être arrêtée à l’aide d’une télécommande (si, ça existe ! Coût environ 30 euros). Ces achats sont bien souvent rentabilisés dans la première année.

L’éclairage
20% de l’électricité consommée en Europe est consacrée à l’éclairage. Il existe un moyen très simple et de plus en plus répendu de réaliser des économies sur ce poste de dépenses : les ampoules basse consommation (LBC), plus économiques et écologiques que les lampes classiques à incandescence et beaucoup plus que les halogènes. (ces dernières étant de véritables saloperies, n’ayons pas peur des mots ! Il faut savoir que le réglage de la puissance et l’éclairage indirect des lampes à halogènes demandent beaucoup d’énergie. Utilisées pour une lumière d’ambiance (300W), ces lampes consomment autant que 25 LBC …)

Les LBC consomment, à éclairage équivalent, 4 à 5 fois moins qu’une lampe classique à incandescence. Par ailleurs, elles durent entre 8000 et 15000 heures, contre 1 000 heures pour des incandescentes. Pour un prix de 7,50 euros et moins, l’achat d’une lampe basse consommation sera immédiatement rentable et vous fera économiser environ 76 euros pendant la durée de vie de l’ampoule.

Voici quelques autres conseils utiles :

* Dépoussiérez régulièrement vos ampoules, vous augmenterez ainsi leur durée de vie.

* Si malgrè tout vous achetez des lampes à incandescence (souvent préférées aux LBC dans les couloirs ou les toilettes pour leur capacité à éclairer directement à pleine puissance), préférez des ampoules à incandescence opaques plutôt que transparentes.

* Profitez de la lumière naturelle lorsque c’est possible, elle fatigue moins les yeux et c’est autant de gagner sur la facture.

* N’utilisez un éclairage indirect que sur des murs blancs.

* Pensez à éteindre vos lumières dans les pièces inoccupées et habituez vos enfants à faire de même.

Pour ce qui est des lampes de poche, la modernité au service de l’écologie est également arrivé, puisqu’on peut maintenant trouver des lampes sans piles !

La climatisation
Ahhh… la clim’ ! Objet à la mode et véritable catastrophe écologique ! C’est vrai que quand on a connu la dernière canicule de 2003, et quand on se dit que ce n’est pas près de s’arranger, la climatisation est un mal nécessaire pour les personnes les plus fragiles, c’est une question de santé publique. Mais alors, comment rafraîchir au mieux son logement en été ?

Si l’achat d’un appareil de climatisation peut paraître séduisant au premier abord, il est important d’en connaître les inconvénients :

* Un climatiseur est un grand consommateur d’électricité : pour d’une surface de 45m2 un appareil de climatisation accroît de 20 à 25% la consommation d’électricité.

* Les climatiseurs contiennent des fluides frigorigènes à base d’hydrofluorocarbones (HFC), gaz extrêmement polluants. Lorsqu’ils sont vaporisés dans l’atmosphère, ces gaz favorisent le phénomène de l’effet de serre.

Il existe pourtant des gestes simples qui sont des alternatives à la climatisation :

* Protéger les ouvertures par des volets extérieurs ou des stores pour éviter le rayonnement direct pendant la période la plus chaude de la journée, car une fois que la chaleur est à l’intérieur du logement, elle s’y confine.

* Une protection végétale peut s’avérer efficace pour limiter les apports de chaleur, même en ville sur un balcon. Les feuilles rafraîchissent l’air par évaporation.

* Il est important de profiter de la fraîcheur nocturne en ventilant au maximum son logement pour faire partir la chaleur de la journée.

* Limiter les apports de chaleur interne, et là, la boucle est bouclée : lampes halogènes, ordinateurs, téléviseurs en veille… Ainsi on éteindra ordinateurs et téléviseurs, on n’utilisera ni four, ni fer à repasser en pleine journée. Se préserver des sources de chaleur interne, c’est aussi utiliser des lampes basse consommation (qui ne chauffent pas, contrairement aux lampes à filament et surtout aux halogènes).

* Il est aussi bon de savoir qu’un réfrigérateur bas de gamme chauffe trois fois plus qu’un appareil de classe énergétique A.

* Utiliser des ventilateurs. Ce sont les appareils les moins chers et les plus économiques en électricité. Le modèle plafonnier, avec pales orientables, est très efficace, été comme hiver d’ailleurs, car à la saison froide, il permet de repousser la chaleur vers le bas et de faire des économies de chauffage. Petite astuce : un ventilateur soufflant sur une assiette remplie d’eau ou sur un drap mouillé, provoque un rafraîchissement de l’atmosphère.

Les alternatives
Le solaire, l’éolien
Ce n’est plus de la science-fiction réservée aux plus riches : aujourd’hui de plus en plus de particuliers se mettent à produire eux-même leur électricité, même si cela reste encore un peu cher, et qu’il soit préférable d’être propriétaire !

Trois panneaux solaires peuvent assurer toute l’eau chaude d’avril à fin septembre, par exemple. Après, en automne et en hiver, ils vont assurer entre 30 % et 60 % des besoins. Tout ça, chauffé grâce aux généreux rayons du Soleil et pour 0 euro et 0 cent… En plus, depuis le 1er janvier 2005, l’Etat vous octroie un crédit d’impôt correspondant à 40 % du montant de l’achat et de l’installation. Ce qui n’est pas rien et permet d’amortir vos panneaux solaires en plus ou moins huit ans, la variation dépendant de l’ensoleillement dans votre région. Comptez environ pour 6000 euros de matériel et rajoutez en gros 1 000 euros si vous le faites installer par un professionnel. Et ça, c’est sans l’aide de l’Etat et sans les subventions que certaines collectivités locales attribuent en plus.

Il existe également des panneaux photovoltaïques, qui eux sont destinés à produire de l’électricité. Ce sont deux systèmes complètement différents. Je détaillerais sans doutes dans un futur article les démarches à faire pour installer de tels panneaux, ou bien même une éolienne dans votre jardin, et les moyens d’obtenir des subventions.

Source: jb.berland.free.fr | CC